Mardi 22 septembre 2009
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18:00
L'odeur de mon pays était dans une pomme.
Je l'ai mordue avec les yeux fermés du somme,
Pour me croire debout dans un herbage vert.
L'herbe haute sentait le soleil et la mer,
L'ombre des peupliers y allongeaient des raies,
Et j'entendais le bruit des oiseaux, plein les haies,
Se mêler au retour des vagues de midi.
Combien de fois, ainsi, l'automne rousse et verte
Me vit-elle, au milieu du soleil et, debout,
Manger, les yeux fermés, la pomme rebondie
De tes prés, copieuse et forte Normandie ?
Ah ! je ne guérirai jamais de mon pays !
N'est-il pas la douceur des feuillages cueillis
Dans la fraîcheur, la paix et toute l'innocence ?
Et qui donc a jamais guéri de son enfance ?
(Lucie Delarue-Mardrus)
Mercredi 29 juillet 2009
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21:37
Au beau ciel d'été le jour vient de naître;
Les petits oiseaux confondent leurs chants;
La clarté nouvelle emplit la fenêtre
Et l'on sent l'odeur de l'herbe des champs.
Le soleil reluit sur les feuilles vertes
Qui tremblent au vent léger du matin.
Respirant l'air bleu, les fleurs sont ouvertes :
Somptueux velours et riche satin.
Epris de beauté devant la nature,
Vers le firmament je tourne les yeux;
L'espace infini, la lumière pure
Émeuvent le cœur d'un rythme joyeux.
Et cette splendeur qui charme et console
Par l'homme n'est pas regardée en vain :
Le meilleur de lui dans l'azur s'envole
Sur les ailes d'or d'un rêve divin !
(Albert Lozeau)
Samedi 25 juillet 2009
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20:00
Vent bienfaiteur caresse les monts
Effleure la prairie
Et les grands bois et les vallons,
La nature est fleurie.
Vois les fleurs se sont écloses
Sous ton baiser enchanteur,
Et des nids tantôt moroses
Entends, entends le joyeux chœur;
Souffle encore, ô douce brise.
Souffle encore, ô douce brise,
Tout renaît sur terre par toi,
Tout s'enchante et tout se grise.
En cédant, en cédant à ta loi !
Viens ! ah ! viens !
Souffle encore, douce brise.
(Stephan Bordèse)
Jeudi 14 mai 2009
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19:27
Puisque mai tout en fleurs dans les prés nous réclame,
Viens ! ne te lasse pas de mêler à ton âme
La campagne, les bois, les ombrages charmants,
Les larges clairs de lune au bord des flots dormants,
Le sentier qui finit où le chemin commence,
Et l'air et le printemps et l'horizon immense,
L'horizon que ce monde attache humble et joyeux
Comme une lèvre au bas de la robe des cieux !
Viens ! et que le regard des pudiques étoiles
Qui tombe sur la terre à travers tant de voiles,
Que l'arbre pénétré de parfums et de chants,
Que le souffle embrasé de midi dans les champs,
Et l'ombre et le soleil et l'onde et la verdure,
Et le rayonnement de toute la nature
Fassent épanouir, comme une double fleur,
La beauté sur ton front et l'amour dans ton cœur !
(Victor Hugo - Les chants du crépuscule)
Lundi 4 mai 2009
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18:18
Petit printemps fantasque,
Qui lance avec humeur
De violentes bourrasques
Sur les arbres en fleur;
Petit printemps sauvage
Comme un chat hérissé,
Qui nous crache au visage
De gros flocons glacés;
Petit printemps boudeur,
Pourquoi faire la moue ?
Laisse tes douces fleurs
Refleurir sur ta joue.
(Albert Atzenwiler)
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