Mercredi 17 juin 2009
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20:33
Tous les jours de la semaine
En hiver
En automne
Dans le ciel de Paris
Les cheminées d'usine
Ne fument que du gris
Mais le printemps qui s'amène
Une fleur sur l'oreille
Au bras une jolie fille
Refrain :
Tournesol, tournesol,
C'est le nom de la fleur
Le surnom de la fille
Elle n'a pas de grand nom
Pas de nom de famille
Et danse au coins des rues
À Belleville
À Séville
Tournesol, tournesol, tournesol
Valse des coins des rues
Et les beaux jours sont venus
La belle vie
Avec eux
Le génie de la Bastille
Fume une gitane bleu
Dans le ciel amoureux
Dans le ciel de Séville
Dans le ciel de Belleville
Et même de n'importe où
Refrain :
Tournesol, tournesol,
C'est le nom de la fleur
Le surnom de la fille
Elle n'a pas de grand nom
Pas de nom de famille
Et danse au coins des rues
À Belleville
À Séville
Tournesol, tournesol, tournesol
Valse des coins des rues
(Jacques Prévert)
Vendredi 12 juin 2009
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20:14
A la Baronne H. de B.
Nénuphars blancs, ô lys des eaux limpides,
Neige montant du fond de leur azur,
Qui, sommeillant sur vos tiges humides,
Avez besoin, pour dormir, d'un lit pur;
Fleurs de pudeur, oui ! vous êtes trop fières
Pour vous laisser cueillir... et vivre après.
Nénuphars blanc, dormez sur vos rivières
Je ne vous cueillerai jamais !
Nénuphars blancs, ô fleurs des eaux rêveuses,
Si vous rêvez, à quoi donc rêvez-vous ?
Car pour rêver il faut être amoureuses,
Il faut avoir le cœur pris... ou jaloux;
Mais vous, ô fleurs que l'eau baigne et protège,
Pour vous, rêver... c'est aspirer le frais !
Nénuphars blancs, dormez dans votre neige !
Je ne vous cueillerai jamais !
Nénuphars blancs, fleurs des eaux engourdies
Dont la blancheur fait froid aux cœurs ardents,
Qui vous plongez dans vos eaux détiédies
Quand le soleil y luit, Nénuphars blancs !
Restez cachés aux anses des rivières,
Dans les brouillards, sous les saules épais...
Des fleurs de Dieu vous êtes les dernières !
Je ne vous cueillerai jamais !
(Jules Barbey d’Aurevilly - Poussières)
Vendredi 29 mai 2009
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18:44
A Mademoiselle Hedwige Demours
Oh ! si les fleurs avaient des yeux,
Ils seraient de mélancolie,
Oh ! si les fleurs avaient des yeux,
Que leurs larmes seraient jolies.
Et si les fleurs avaient des ailes,
Elles seraient en pur velours,
Et si les fleurs avaient des ailes,
Elles s’enfuiraient vers l’amour.
Mais si les fleurs avaient une âme
En leurs calices ciselés,
Mais si les fleurs avaient une âme
Leurs parfums seraient des baisers.
(G. Buchillot)
Samedi 23 mai 2009
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10:10
L'air était pur, la nuit régnait sans voiles;
Elle riait du dépit de l'amour :
Il aime l'ombre, et le feu des étoiles,
En scintillant, formait un nouveau jour.
Tout s'y trompait. L'oiseau, dans le bocage,
Prenait minuit pour l'heure des concerts;
Et les zéphyrs, surpris de ce ramage,
Plus mollement le portaient dans les airs.
Tandis qu'aux champs quelques jeunes abeilles
Volaient encore en tourbillons légers,
Le printemps en silence épanchait ses corbeilles
Et de ses doux présents embaumait nos vergers.
Ô ma mère ! On eût dit qu'une fête aux campagnes,
Dans cette belle nuit, se célébrait tout bas;
On eût dit que de loin mes plus chères compagnes
Murmuraient des chansons pour attirer mes pas.
J'écoutais, j'entendais couler, parmi les roses,
Le ruisseau qui, baignant leurs couronnes écloses,
Oppose un voile humide aux brûlantes chaleurs;
Et moi, cherchant le frais sur la mousse et les fleurs.
(Marceline Desbordes-Valmore)
Samedi 9 mai 2009
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21:00
Moi, je suis la tulipe, une fleur de Hollande;
Et telle est ma beauté, que l’avare Flamand
Paye un de mes oignons plus cher qu’un diamant,
Si mes fonds sont bien purs, si je suis droite et grande.
Mon air est féodal, et, comme une Yolande
Dans sa jupe à longs plis étoffée amplement,
Je porte des blasons peints sur mon vêtement,
Gueules fascé d’argent, or avec pourpre en bande.
Le jardinier divin a filé de ses doigts
Les rayons du soleil et la pourpre des rois
Pour me faire une robe à trame douce et fine.
Nulle fleur du jardin n’égale ma splendeur,
Mais la nature, hélas ! n’a pas versé d’odeur
Dans mon calice fait comme un vase de Chine.
(Théophile Gautier)
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