Vendredi 24 avril 2009
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19:57
La pauvre fleur disait au papillon céleste :
Ne fuis pas !...
Vois comme nos destins sont différents, je reste.
Tu t'en vas !
Pourtant nous nous aimons, nous vivons sans les hommes,
Et loin d'eux !
Et nous nous ressemblons et l'on dit que nous sommes
Fleurs tous deux !
Mais hélas, l'air t'emporte, et la terre m'enchaîne.
Sort cruel !
Je voudrais embaumer ton vol de mon haleine.
Dans le ciel !
Mais non, tu vas trop loin, parmi des fleurs sans nombre.
Vous fuyez !
Et moi je reste seule à voir tourner mon ombre.
A mes pieds !
Tu fuis, puis tu reviens, puis tu t'en vas encore
Luire ailleurs !
Aussi me trouves-tu toujours à chaque aurore
Tout en pleurs !
Ah ! pour que notre amour coule des jours fidèles.
Ô mon roi !
Prends comme moi racine ou donne-moi des ailes
Comme toi !
(Victor Hugo)
Mercredi 22 avril 2009
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20:00
Quand les printemps m’étaient joyeux
Prenant leur azur à tes yeux
Pleins d’une éternelle promesse,
Les clochettes des lilas blancs,
Dans la brise, à nos cœurs tremblants
Chantaient une amoureuse messe.
Des alléluias infinis
Montaient des buissons pleins de nids,
Et le cœur odorant des roses
Se balançait dans l’air du soir
Avec des parfums d’encensoir.
Mais, à présent, printemps morose !
C’est le requiem des amours
Que murmure au déclin du jour
L’oiseau sur les branches lassées;
Et les clochettes des lilas
Dans l’air léger tintent le glas
Des espérances trépassées !
(Armand Silvestre - Le pays des roses)
Samedi 18 avril 2009
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12:56
Je suis la plus belle des roses,
Chantait une rose à ses sœurs.
- Sache garder tes lèvres closes,
Conseillait-on avec douceur,
On ne te cherche point querelle,
Mais sois plus modeste, font-elles.
Et voilà qu’au matin nouveau,
La belle crie encore plus haut.
Denise, qui par là se trouve,
Entend l’orgueilleuse clameur
« C’est vrai ! » dit-elle et le lui prouve
D’un joli coup de sécateur.
(Géo Norge)
Lundi 13 avril 2009
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11:49
J'ai mis sur cette fleur un baiser plein d'ivresse,
Pour vous qui m'avez pris tout mon cœur en un jour.
Puissiez-vous deviner la discrète caresse
De cet ardent baiser d'amour !
J'ai raconté tout bas à la fleur palpitante
La joie et les douleurs qui me viennent de vous
Puissiez-vous retrouver dans son odeur troublante
Ces aveux sincères et fous !
Enfin dans cette fleur j'ai mis toute mon âme,
Comme si je croyais au langage des fleurs,
Et j'ai laissé tomber, brûlants comme la flamme,
Dans son calice, tous mes pleurs !
J'ai mis sur cette fleur un baiser plein d'ivresse,
Pour vous qui m'avez pris tout mon cœur en un jour.
Puissiez-vous deviner la discrète caresse
De cet ardent baiser d'amour !
J'ai raconté tout bas à la fleur palpitante
La joie et les douleurs qui me viennent de vous
Puissiez-vous retrouver dans son odeur troublante
Ces aveux sincères et fous !
Enfin dans cette fleur j'ai mis toute mon âme,
Comme si je croyais au langage des fleurs,
Et j'ai laissé tomber, brûlants comme la flamme,
Dans son calice, tous mes pleurs !
(Henri Passerieu)
Jeudi 2 avril 2009
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20:37
Si tu veux les voir, m'a dit une Fée,
Glisse un soir, comme moi,
Sous les saules,
Et regarde, entre tes doigts,
Par-dessus ton épaule.
Elles appuient sur les eaux bleues
Leurs frêles corolles,
Et leurs larges feuilles,
Et elles jouent, entre les joncs,
A des jeux d'ombre et de rayons.
Retiens ton souffle, approche en silence,
Regarde : mais sache,
Sous chaque fleur blanche,
Voir une fille qui se cache.
(Charles Van Lerberghe - La chanson d'Eve)
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