Comptines et poèmes divers

Samedi 25 octobre 2008 6 25 /10 /2008 17:33

Il faut apprendre à sourire
Même quand le temps est gris.
Pourquoi pleurer aujourd'hui
Quand le soleil brille ?
C'est demain la fête des amis
Des grenouilles et des oiseaux
Des champignons des escargots
N'oublions pas les insectes
Les mouches et les coccinelles.
Et tout à l'heure à midi
J'attendrai l'arc-en-ciel
Violet indigo bleu vert
Jaune orange et rouge
Et nous jouerons à la marelle.

(Philippe Soupault)

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Lundi 6 octobre 2008 1 06 /10 /2008 16:28

Il y avait une fois une citrouille
Dans un jardin tout planté de carottes,
De cornichons et de radis,
Avec de vieux tons tout gris de rouille
Sur ses côtes.
Pour la mieux soigner, la fée Carabosse
Avait même pris
L'air d'une bonne femme des Quatre-Jeudis
Et mis sur sa bosse
Un caraco gris.
Mais le soir, la citrouille s'ouvrait
Comme un carrosse enchanté,
Et tenant les rênes
De ses quatre chats bottés,
Avec sa bosse, sa quenouille
Et sa marotte,
La Carabosse s'en allait par la forêt
Où les fées sont reines :
Il y avait une fois une citrouille
Dans un jardin tout planté de carottes.

(Tristan Klingsor)

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Dimanche 24 août 2008 7 24 /08 /2008 19:00

A Léon Valade

Ce n'est plus le rêveur lunaire du vieil air
Qui riait aux aïeux dans les dessus de porte;
Sa gaîté, comme sa chandelle, hélas ! est morte,
Et son spectre aujourd'hui nous hante, mince et clair.

Et voici que parmi l'effroi d'un long éclair
Sa pâle blouse a l'air, au vent froid qui l'emporte,
D'un linceul, et sa bouche est béante, de sorte
Qu'il semble hurler sous les morsures du ver.

Avec le bruit d'un vol d'oiseaux de nuit qui passe,
Ses manches blanches font vaguement par l'espace
Des signes fous auxquels personne ne répond.

Ses yeux sont deux grands trous où rampe du phosphore
Et la farine rend plus effroyable encore
Sa face exsangue au nez pointu de moribond.

(Paul Verlaine)


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Mercredi 20 août 2008 3 20 /08 /2008 19:00

Ainsi, toujours poussés vers de nouveaux rivages,
Dans la nuit éternelle emportés sans retour,
Ne pourrons-nous jamais sur l'océan des âges
Jeter l'ancre un seul jour ?

Ô lac ! l'année à peine a fini sa carrière,
Et près des flots chéris qu'elle devait revoir,
Regarde ! je viens seul m'asseoir sur cette pierre
Où tu la vis s'asseoir !

Tu mugissais ainsi sous ces roches profondes;
Ainsi tu te brisais sur leurs flancs déchirés;
Ainsi le vent jetait l'écume de tes ondes
Sur ses pieds adorés.

Un soir, t'en souvient- il ? nous voguions en silence;
On n'entendait au loin, sur l'onde et sous les cieux,
Que le bruit des rameurs qui frappaient en cadence
Tes flots harmonieux.

Tout à coup des accents inconnus à la terre
Du rivage charmé frappèrent les échos;
Le flot fut attentif, et la voix qui m'est chère
Laissa tomber ces mots :

"Ô temps, suspends ton vol ! et vous, heures propices
Suspendez votre cours !
Laissez-nous savourer les rapides délices
Des plus beaux de nos jours !

"Assez de malheureux ici-bas vous implorent;
Coulez, coulez pour eux;
Prenez avec leurs jours les soins qui les dévorent;
Oubliez les heureux.

"Mais je demande en vain quelques moments encore,
Le temps m'échappe et fuit;
Je dis à cette nuit : " Sois plus lente "; et l'aurore
Va dissiper la nuit.

" Aimons donc, aimons donc ! de l'heure fugitive,
Hâtons-nous, jouissons !
L'homme n'a point de port, le temps n'a point de rive
Il coule, et nous passons ! "

Temps jaloux, se peut-il que ces moments d'ivresse,
Où l'amour à longs flots nous verse le bonheur,
S'envolent loin de nous de la même vitesse
Que les jours de malheur ?

Hé quoi ! n'en pourrons-nous fixer au moins la trace ?
Quoi ! passés pour jamais ? Quoi ! tout entiers perdus ?
Ce temps qui les donna, ce temps qui les efface,
Ne nous les rendra plus ?

Éternité, néant, passé, sombres abîmes,
Que faites-vous des jours que vous engloutissez ?
Parlez : nous rendrez-vous ces extases sublimes
Que vous nous ravissez ?

Ô lac! rochers muets ! grottes ! forêt obscure !
Vous que le temps épargne ou qu'il peut rajeunir,
Gardez de cette nuit, gardez, belle nature,
Au moins le souvenir !

Qu'il soit dans ton repos, qu'il soit dans tes orages,
Beau lac, et dans l'aspect de tes riants coteaux,
Et dans ces noirs sapins, et dans ces rocs sauvages
Qui pendent sur tes eaux !

Qu'il soit dans le zéphyr qui frémit et qui passe,
Dans les bruits de tes bords par tes bords répétés,
Dans l'astre au front d'argent qui blanchit ta surface
De ses molles clartés !

Que le vent qui gémit le roseau qui soupire
Que les parfums légers de ton air embaumé,
Que tout ce qu'on entend, l'on voit et l'on respire,

Tout dise : " Ils ont aimé ! "

(Alphonse de Lamartine)


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Lundi 18 août 2008 1 18 /08 /2008 22:18

 


Gabriel García Márquez

Je ne t’aime pas pour ce que tu es
mais pour ce que je suis quand je suis avec toi.

Personne ne mérite tes larmes
et celui qui les mérite ne te fera sûrement pas pleurer.

Si quelqu’un ne t’aime pas comme tu le souhaites,
ça ne veut pas dire qu’il ne t’aime pas de toute son âme.

Un vrai ami est celui qui tient ta main et touche ton cœur.

La pire façon de sentir le manque de quelqu’un
est de s’asseoir à son coté
et de savoir qu’il ne sera jamais à toi.

N’arrête jamais de sourire, même si tu es triste,
parce que tu ne sais pas
qui pourrait tomber amoureux de ton sourire.

Peut-être que, pour le monde, tu n’es qu’une personne,
mais pour des personnes tu es tout le monde.

Ne perds pas de temps avec quelqu’un
qui n’est pas disponible pour en passer avec toi.

Peut-être que Dieu souhaite
que tu connaisses beaucoup de mauvaises personnes
avant de connaître la bonne personne,
afin que tu puisses être reconnaissant
lorsqu’enfin tu la connaîtras.

Ne pleure pas parce quelque chose est terminée,
mais souris parce qu’elle a eu lieu.

Il y aura toujours une personne pour te critiquer.
Mais continue à être confiant,
en faisant attention à ceux en qui
tu seras confiant deux fois.

Deviens une personne meilleure
et assure-toi de bien savoir qui tu es
avant de connaître quelqu’un
et de t’attendre à ce qu’il voie qui tu es.

Ne cours pas trop, les meilleures choses arrivent
lorsque tu les attends le moins.


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