Dimanche 7 février 2010
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13:00
J'ai ramassé des champignons
Des blancs, des bleus et des oranges
J'ai ramassé des champignons
Qui poussaient sur le frais gazon
Des tout petits, des gros, des minces,
Des tout petits et des géants.
Je les ai mis dans mon panier,
Les blancs, les bleus et les oranges
Je les ai mis dans mon panier
Et puis je les ai emportés
Des tout petits, des gros, des minces,
Des tout petits et des géants.
C'est défendu de les manger,
Les blancs, les bleus et les oranges
C'est défendu de les manger
Alors je les ai replantés
Les tout petits, les gros, les minces,
Les tout petits et les géants.
Mardi 6 octobre 2009
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19:00
Les cheveux en bataille
Le corps en brin de paille
Vêtu d’un vieux chandail,
C’est l’épouvantail.
Il fait peur aux moineaux
Aux corneilles, aux corbeaux,
A tout oiseau qui piaille,
C’est l’épouvantail.
Est-ce que tu oserais
Le toucher, l’embrasser,
Le prendre par la taille,
Cet épouvantail ?
Dimanche 8 mars 2009
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09:15
Et la femme est si belle et si douce en ses mœurs,
Source de pureté qui nous donne la vie,
Un ange sur la terre à qui Dieu nous confie
Pour faire notre joie et nous rendre meilleurs.
Tu la vois à genoux, auprès de ton berceau,
Lever les yeux au ciel, enfant elle est ta mère;
Ses larmes, ses soupirs t'éloignent du tombeau;
Dieu prolongeant tes jours exauce sa prière.
Et toi tu te fais homme et sur ton noble front
Rayonne la fierté, l'amour de la patrie.
Au faîte des honneurs on proclame ton nom.
Combien tu dois de soins à ta mère chérie.
Au milieu des plaisirs que t'offre le hasard,
Tu vois encore ta sœur, riante jeune fille,
Enlacée à ton bras, demander ton regard,
Sa beauté plaît à tous, son innocence brille.
Vierge tendre et naïve, elle veut ton amour,
Ton amour fraternel qui remplit sa pensée,
Et t'offre sa candeur qui te paie au retour,
Limpide et vivifiante ainsi que la rosée.
Mais la plus sainte chose est l'épouse que Dieu
Te remet à l'autel, entre toutes choisie,
Son pur tressaillement t'anime d'un doux feu.
Tu goûtes le bonheur, jouis de sa poésie.
Homme, ô ! tu dois l'aimer, tu sais son dévouement,
L'éclat de ses attraits charme ton existence,
Tombe donc à ses pieds et fais-lui le serment
Qu'à son âme soumis elle aura ta constance.
Et toi devenu père, au jour de ton désir,
Qui connais ton devoir en ce moment d'ivresse,
Tu promets au Seigneur d'oublier le plaisir
Pour ceindre ton enfant d'une vive tendresse.
Ah ! sème sur ses pas les plus brillantes fleurs,
Orne-la de vertus, épanche le calice
Qui donne tant de joie et remplit de douceurs
La vierge en son printemps pour qu'elle ne périsse.
Car la femme est si belle et si douce en ses mœurs,
Source de pureté qui nous donne la vie,
Un ange sur la terre à qui Dieu nous confie
Pour faire notre joie et nous rendre meilleurs.
(Charles Lévesque - Poésies)
Dimanche 1 mars 2009
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08:00
Tous les hôtes joyeux sont partis, et l’aïeule,
Errant d’un pas distrait dans le logis désert,
Se trouve tout à coup bien étrangement seule
En ces lieux désolés, si pleins de vie hier.
Car il lui semble encor, derrière chaque porte,
Entendre un pas d’enfant ou quelque cri joyeux;
Mais ce n’est que le vent qui, sombre et triste, emporte
Les derniers souvenirs de ces jours radieux.
D’une chambre dans l’autre elle passe incertaine,
Ne s’expliquant pas bien ce qu’elle cherche ainsi
Et ne s’avouant pas, elle toujours sereine,
Que son œil fatigué s’est de pleurs obscurci.
Chaque endroit, chaque salle, et chaque meuble même
A son cœur désolé rappelle un souvenir;
C’est là que les petits lui disaient : Je vous aime,
Et que tout proche d’elle ils cherchaient à venir.
C’est là, vers cette table, auprès de la fenêtre,
Que le cadet mignon aimait à s’établir,
Avec tous ses soldats qu’il commandait en maître,
Prenant sa grosse voix pour se faire obéir.
C’est là, sur ce vieux banc, dans les belles soirées,
Que fatigués du jour, tous arrivaient s’asseoir;
Et le bruit des chansons, les ris, les voix nacrées
S’élevaient lentement dans le calme du soir.
Et toute au temps vécu, la grand’mère s’arrête;
Les derniers feux du jour lui font, étincelants,
Une auréole d’or qui glisse sur sa tête
Et baise avec amour ses nobles cheveux blancs.
(Alice de Chambrier)
Mardi 4 novembre 2008
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20:29

Nous avancions, tranquillement, sous les étoiles;
La lune oblique errait autour du vaisseau clair,
Et l'étagement blanc des vergues et des voiles
Projetait sa grande ombre au large sur la mer.
La froide pureté de la nuit embrasée
Scintillait dans l'espace et frissonnait sur l'eau;
On voyait circuler la grande Ourse et Persée
Comme en des cirques d'ombre éclatante, là-haut.
Dans le mât d'artimon et le mât de misaine,
De l'arrière à l'avant où se dardaient les feux,
Des ordres, nets et continus comme des chaînes,
Se transmettaient soudain et se nouaient entre eux.
Chaque geste servait à quelque autre plus large
Et lui vouait l'instant de son utile ardeur,
Et La vague portant la carène et sa charge
Leur donnait pour support sa lucide splendeur.
La belle immensité exaltait la gabarre,
Dont l'étrave marquait les flots d'un long chemin.
L'homme qui maintenait à contrevent la barre
Sentait vibrer tout le navire entre ses mains.
Il tanguait sur l'effroi, la mort et les abîmes,
D'accord avec chaque astre et chaque volonté,
Et, maîtrisant ainsi les forces unanimes,
Semblait dompter et s'asservir l'éternité.
(Emile Verhaeren)
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