Vendredi 13 novembre 2009
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18:30
Les sorciers et les fées dansent sur le coteau
Leurs pas brûlants font des huit noirs sous les méteils,
Ils dansent de la nuit venue au jour nouveau
Pour honorer le saint qui nourrit les abeilles.
Et sept nuits et sept jours ils font la ronde encor
Jusqu'au huitième soir où géantes cigales
Les fées jouent de la flûte et les sorciers du cor
Pour honorer le dieu qui nourrit les étoiles.
(Paul Fort)
Samedi 19 septembre 2009
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18:15
Un dragon disait
A un dodu dindon :
A midi, j’ai dévoré
Deux douzaines d’édredons.
Le dindon se dit :
Pardi, il est dingo
Ce dragon.
Mercredi 16 septembre 2009
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19:00
Les bras nus cerclés d'or et froissant le brocart
De sa robe argentée aux taillis d'aubépines,
Mélusine apparaît entre les herbes fines,
Les cheveux révoltés, saignante et l'œil hagard.
La splendeur de sa gorge éblouit le regard
Et l'émail de ses dents a des clartés divines;
Mais Mélusine est folle et fait dans les ravines
Paître au pied des sapins la biche et le brocart.
Depuis cent ans qu'elle erre au pied des arbres fées,
Elle est fée elle-même; un charme étrange et doux
La fait suivre à minuit des renards et des loups.
Ses yeux au ciel nocturne enchantent les hiboux,
Et près d'elle, érigeant ses fleurs en clairs trophées,
Jaillit un glaïeul rose à feuillage de houx.
(Jean Lorrain)
Samedi 29 août 2009
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21:00
Dans la clairière, entre les hêtres roux,
Un petit lac donne des rendez-vous.
Une biche y passe à petits pas légers,
Le cèpe y naît, l'écureuil y surgit.
Le hérisson y roule son défi.
Ces doigts futés qui courent dans mon cou,
Ces rires clairs venus on ne sait d'où,
Ce vent narquois, et soudain, étonnée,
La biche, là, devant moi qui m'étonne,
N'est-ce pas vous, mes moqueuses, les fées ?
(Pierre Moussarie)
Jeudi 13 août 2009
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Si tu veux, faisons un rêve :
Montons sur deux palefrois;
Tu m'emmènes, je t'enlève.
L'oiseau chante dans les bois.
Je suis ton maître et ta proie;
Partons ! c'est la fin du jour;
Mon cheval sera la joie,
Ton cheval sera l'amour.
Viens ! nos doux chevaux mensonges
Frappent du pied tous les deux,
Le mien au fond de mes songes,
Et le tien au fond des cieux.
Un bagage est nécessaire;
Nous emporterons nos vœux,
Nos bonheurs, notre misère,
Et la fleur de tes cheveux.
Viens, le soir brunit les chênes;
Le moineau rit; ce moqueur
Entend le doux bruit des chaînes
Que tu m'as mises au cœur.
Ce ne sera point ma faute
Si les forêts et les monts,
En nous voyant côte à côte,
Ne murmurent pas : aimons !
Allons-nous en par l'Autriche !
Nous aurons l'aube à nos fronts;
Je serai grand, et toi riche,
Puisque nous nous aimerons !
Allons-nous en par la terre,
Sur nos deux chevaux charmants,
Dans l'azur, dans le mystère,
Dans les éblouissements !
Tu seras Dame, et moi Comte;
Viens, mon cœur s'épanouit;
Viens, nous conterons ce conte
Aux étoiles de la nuit.
(Victor Hugo)
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