29 juin 2009
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Madame la Lune, en robe gris pâle,
Dans les velours bleus et les satins verts
De ses grands salons à plafond d'opale,
Reçoit les rimeurs de vers;
Et, roulant son front nimbé de topaze,
Parmi les coussins de nuages flous,
Elle écoute, avec une feinte extase,
Chanter son peuple de fous.
Nos regrets, nos vœux, nos bonheurs, nos peines,
Elle connaît tout depuis dix mille ans !
Pour guérir nos cœurs des tourments que sème
Le sourire froid des femmes, ses sœurs,
Elle orne gaîment son sourire de caressantes douceurs.
Puis, lorsque s'éteint le lustre d'étoiles
Qui scintille au loin dans le clair obscur,
Lente, elle s'en va dégrafer ses voiles
Sous ses courtines d'azur.
On croit qu'elle dort, lasse et solitaire,
Mais son char de nacre aux luisants essieux
L'emporte en fuyant autour de la Terre,
Et déjà, sous d'autres cieux,
Madame la Lune, en robe gris pâle,
Dans les velours bleus et les satins verts
De ses grands salons à plafond d'opale,
Reçoit les rimeurs de vers.
(Edmond Haraucourt)
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Astres - Poèmes
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D'un amour tendre et pur
Afin qu'il vous souvienne,
Voici mon cœur, mon cœur tremblant,
Mon pauvre cœur d'enfant.
Et voici, pâle fleur
Que vous fîtes éclore,
Mon âme qui se meurt de vous
Et de vos yeux si doux.
Mon âme est la chapelle,
Où la nuit et le jour
Devant votre grâce immortelle,
Prie à deux genoux mon fidèle amour.
Dans l'ombre et le mystère
Chante amoureusement
Un douce prière,
Païenne si légère,
C'est votre nom charmant.
D'un amour tendre et pur
Afin qu'il vous souvienne,
Voici mon cœur, mon cœur tremblant,
Mon pauvre cœur d'enfant.
Et voici, pâle fleur
Que vous fîtes éclore,
Mon âme qui se meurt de vous
Et de vos yeux si doux.
Des roses sont écloses
Au jardin de mon cœur,
Ces roses d'amour sont moins roses
Que vos adorables lèvres en fleur.
De vos mains si cruelles
Et dont je suis jaloux,
Effeuillez les plus belles,
Vous pouvez les cueillir,
Le jardin est à vous.
D'un amour tendre et pur
Afin qu'il vous souvienne,
Voici mon cœur, mon cœur tremblant,
Mon pauvre cœur d'enfant.
Et voici, pâle fleur
Que vous fîtes éclore,
Mon âme qui se meurt de vous
Et de vos yeux si doux.
(Vincent Hyspa)
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