9 octobre 2009
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Un clown rigolo
Qui s’appelle Coquelicot
On lui donne une claque
Ça le rend patraque.
On lui donne un baiser
Il tombe de côté.
Il tombe sur un os
Ça lui fait une bosse.
Il tombe dans le feu
Ça lui fait des bleus.
Aie ! Ouille ! ça fait mal !
J’ai les yeux qui mouillent
Comme une grenouille.
(Roland Topor)
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6 octobre 2009
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17:00
Les cheveux en bataille
Le corps en brin de paille
Vêtu d’un vieux chandail,
C’est l’épouvantail.
Il fait peur aux moineaux
Aux corneilles, aux corbeaux,
A tout oiseau qui piaille,
C’est l’épouvantail.
Est-ce que tu oserais
Le toucher, l’embrasser,
Le prendre par la taille,
Cet épouvantail ?
(Tradition)
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4 octobre 2009
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08:30
J'aime un petit enfant, et je suis un vieux fou.
- Grand-père ? - Quoi ? - Je veux m'en aller. - Aller où ?
- Où je voudrai. - Partons. - Je veux rester, grand-père.
- Restons. - Grand-père ? - Quoi ? - Pleuvra-t-il ? - Non, j'espère.
- Je veux qu'il pleuve, moi. - Pourquoi ? - Pour faire un peu
Pousser mon haricot dans mon jardin. - C'est Dieu
Qui fait la pluie. - Eh bien, je veux que Dieu la fasse.
- Mais s'il ne voulait pas ? - Moi, je veux. Si je casse
Mon joujou, le bon Dieu ne peut pas m'empêcher.
Ainsi... - C'est juste. Il va peut-être se fâcher,
Mais passons-nous de lui. - Pour qu'il pleuve ? - Sans doute.
Viens, prenons l'arrosoir du jardinier Jacquot,
Et nous ferons pleuvoir. - Où ? - Sur ton haricot.
(Victor Hugo)
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29 septembre 2009
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17:00
Mon petit ours est tombé
Dans la gelée de groseille;
Il a sali ses souliers
Il a collé ses orteils.
Alors maman l’a fourré
Dans la machine à laver;
Voilà qu’il sèche au soleil
Suspendu par les oreilles.
(Tradition)
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11 septembre 2009
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Oui, ce front, ce sourire et cette fraîche joue,
C'est bien l'enfant qui pleure et joue,
Et qu'un esprit du ciel défend !
De ses doux traits, ravis à la sainte phalange,
C'est bien le délicat mélange;
Poète, j'y crois voir un ange,
Père, j'y trouve mon enfant.
On devine à ses yeux, pleins d'une pure flamme,
Qu'au paradis, d'où vient son âme,
Elle a dit un récent adieu.
Son regard, rayonnant d'une joie éphémère,
Semble en suivre encor la chimère,
Et revoir dans sa douce mère
L'humble mère de l'Enfant-Dieu !
On dirait qu'elle écoute un chœur de voix célestes,
Que, de loin, des vierges modestes
Elle entend l'appel gracieux;
A son joyeux regard, à son naïf sourire,
On serait tenté de lui dire :
- Jeune ange, quel fut ton martyre,
Et quel est ton nom dans les cieux ?
Ô toi dont le pinceau me la fit si touchante,
Tu me la peins, je te la chante !
Car tes nobles travaux vivront;
Une force virile à ta grâce est unie;
Tes couleurs sont une harmonie;
Et dans ton enfance un génie
Mit une flamme sur ton front !
Sans doute quelque fée, à ton berceau venue,
Des sept couleurs que dans la nue
Suspend le prisme aérien,
Des roses de l'aurore humide et matinale,
Des feux de l'aube boréale,
Fit une palette idéale
Pour ton pinceau magicien !
(Victor Hugo - Odes et ballades)
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2 septembre 2009
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18:00
Oh ! si tu pouvais, comme la sirène,
Emporter mon cœur dans le fond des eaux,
Dans un clair palais, où tu serais reine,
Dans un palais clair tout rempli d'oiseaux,
Où près des bassins faits de porcelaine,
Pleins de nénuphars et de longs roseaux,
Je m'endormirais en ta chère haleine,
Sentant sur mon cœur la fraîcheur des eaux.
Oh ! si tu pouvais comme la sirène
Retremper mon âme en l'air virginal
D'un palais d'argent, d'or et de cristal,
Où mon seul devoir, ô ma souveraine,
Serait sous un ciel toujours musical,
D'adorer sans fin ton corps lilial.
(Henri Cazalis)
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25 août 2009
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16:30
Sur la route couleur de sable,
En capuchon noir et pointu,
Le "moyen", le "bon", le "passable"
Vont à galoches que veux-tu
Vers leur école intarissable.
Ils ont dans leurs plumiers des gommes
Et des hannetons du matin,
Dans leurs poches du pain, des pommes,
Des billes, ô précieux butin
Gagné sur d'autres petits hommes.
Ils ont la ruse et la paresse
Mais l'innocence et la fraîcheur
Près d'eux les filles ont des tresses
Et des yeux bleus couleur de fleur,
Et des vraies fleurs pour leur maîtresse.
Puis les voilà tous à s'asseoir.
Dans l'école crépie de lune
On les enferme jusqu'au soir,
Jusqu'à ce qu'il leur pousse plume
Pour s'envoler. Après, bonsoir !
(Maurice Fombeure)
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15 août 2009
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17:00
Il a bientôt deux ans. Parfois, quand je le gronde,
Il baisse ses grands yeux qu'une larme a ternis;
Et puis, avec des airs de douceur infinis,
Il relève vers moi sa belle tête blonde.
Et tout à coup, - l'enfance a ces retours bénis, -
D'un sourire joyeux sa figure s'inonde;
Il jase en éclatant de rire, et sa faconde
Semble un gazouillement d'oiseaux au bord des nids.
Alors au fond de moi quelque chose remue;
De tendresses sans nom ma pauvre âme est émue;
Sous mes cils à mon tour je sens des pleurs jaillir...
Merci, mon Dieu, merci ! vous dont la pitié sainte
A mêlé ce rayon de miel à notre absinthe :
L'enfant aimé pour nous consoler de vieillir !
(Louis-Honoré Fréchette)
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2 août 2009
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18:59
Avant tout, mes enfants, soyez bons : la bonté,
C'est le sceptre devant lequel tout genou plie.
Travaillez : le bonheur n'est jamais acheté
Que par le noble orgueil de la tâche accomplie.
Pardonnez : le pardon, c'est la paix ennoblie
Par les justes dédains d'une sainte fierté.
Elle n'existe plus l'injure qu'on oublie;
Ignoré, le méchant n'a jamais existé.
Pardonnez, travaillez, soyez bons ! qui peut dire
Ce que vaut quelquefois l'aumône d'un sourire ?
Notre âme est un oiseau qui, hardi dans son vol,
A besoin d'horizon serein et diaphane :
Toute pensée amère, ou perverse, ou profane,
Comme un fil ennemi retient son aile au sol.
(Louis-Honoré Fréchette)
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21 juillet 2009
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18:30
Un enfant ! ah ! ce nom couvre l'œil d'un nuage !
Un être qui serait elle et moi, notre image,
Notre céleste amour de terre se levant,
Notre union visible en un amour vivant.
Nos figures, nos voix, nos âmes, nos pensées,
Dans un élan de vie en un corps condensées,
Nous disant à tout heure en jouant devant nous :
Vous vous mêlez en moi; regardez je suis vous !
Je suis le doux foyer où votre double flamme
Sous ses rayons de vie a pu créer une âme !
Ah ! ce rêve que Dieu pouvait seul inventer,
Sur la terre l'amour pouvait seul l'apporter.
(Alphonse de Lamartine)
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