3 août 2009
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Par un beau matin,
Pimpante et ravie,
J'ai reçu la vie
Dans le vert satin.
De ma beauté que j'étais fière !
Pour mieux répandre ma senteur,
Je balançais ma tige altière;
Déjà le zéphir tenteur
Murmurait : ô ma belle rose,
Ils seront bien longs tes beaux jours
Si tu n'écoutes les amours
Qui vont t'admirer fraîche éclose.
A zéphir je restai rebelle;
Deux amoureux passant par là
Alors me trouvèrent si belle
Qu'entre leurs baisers me voilà;
Puis au sein de la bien-aimée
Je devins un gage d'espoir,
Et rose - moi - j'étais le soir
Par son haleine parfumée.
Lorsque s'éveilla la Cigale,
Lorsque le Rossignol chanta,
Dans sa chambrette virginale
L'enfant rêveuse m'emporta.
Puis elle s'endormit joyeuse
Mais durant cette nuit d'été,
Hélas ! ma fragile beauté
S'éparpilla sur l'oublieuse;
Et vers le matin
A l'aube ravie
S'effeuilla ma vie,
Dans le blanc satin.
(Jules Ruelle)
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20 juillet 2009
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Reposez-vous, les belles fleurs,
Dormez, dormez !
Les bruits des bois déjà se taisent,
Dormez, dormez !
La nuit va ternir vos couleurs.
Le soir descends,
La nuit va ternir vos couleurs
Au vent du soir
La nuit va ternir vos couleurs
Les nids se taisent.
Reposez-vous, les belles fleurs
Dormez, dormez !
L'astre d'argent veille sur vous,
Dormez, dormez !
Demain vous brillerez encor,
Dormez, dormez !
Le rossignol au chant si doux
Viendra chanter. De vos cœurs
Chassez les pleurs !
Le rossignol au chant si doux
Viendra chanter avec l'aurore,
Viendra chanter avec l'aurore.
Reposez-vous les belles fleurs !
Dormez, dormez !
(Stephan Bordèse)
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14 juillet 2009
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Que j'aime à vous voir, belles fleurs,
A l'aube entr'ouvrir vos corolles
Quand Iris vous fait de ses pleurs
De transparentes auréoles
Vous savez seules dans nos cœurs
Evoquer une tendre image
Et par vos suaves couleurs
Vous nous parlez un doux langage
Aussi messagères d'amour
Je vous demande avec tristesse
Pourquoi le sort en un seul jour
Vous arrache à notre tendresse.
(J. P. Contamine de Latour)
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2 juillet 2009
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Clairsemés dans la moisson verte,
Les pavots la vont rougissant
Comme des piqûres ouvertes
Au cou d’un animal puissant.
Le vent qui roule son haleine
Sur le flot onduleux du blé
Fait haleter toute la plaine
Comme un bœuf au soc attelé.
Ô vaillante bête, ô nature,
Sous l’aiguillon qui te torture,
Voici que le printemps nouveau
Fait perler à ton flanc superbe,
Au travers de ta toison d’herbe,
Les gouttes de sang du pavot !
(Armand Silvestre)
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24 juin 2009
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Toutes les fleurs, certes, je les adore !
Les pâles lys aux saluts langoureux,
Les lys fluets dont le satin se dore,
Dans leur calice d'ors poudreux !
Et les bluets bleus,
Dont l'azur décore
Les blés onduleux,
Et les liserons qu'entrouvre l'aurore
De ses doigts frileux.
Mais surtout, surtout, je suis amoureux,
Cependant que de folles gloses
S'emplissent les jardins heureux,
Des lilas lilas
Et des roses roses !
Toutes les fleurs, certes, je les adore !
Les cyclamens aux fragiles bouquets,
Les mimosas dont le buisson se dore,
Et les chers jasmins si coquets,
Et les doux genêts
Dont la brise odore,
Et les fins muguets,
Les muguets d'argent,
Si frais quand l'aurore
Mouille les bosquets.
Mais surtout, surtout je suis amoureux,
Cependant que de folles gloses
S'emplissent les jardins heureux,
Des lilas lilas
Et des roses roses !
Toutes les fleurs, certes, je les adore !
Toutes les fleurs dont fleurit ta beauté,
Les clairs soucis dont la lumière dore
Tes cheveux aux blondeurs de thé,
L'iris velouté
Qui te prête encore
Sa gracilité,
Et l'œillet qui met ta joue et l'aurore
En rivalité !
Mais surtout, surtout je suis amoureux,
Dans tes chères lèvres décloses
Et dans les cernes de tes yeux,
Des lilas lilas
Et des roses roses !
(Edmond Rostand)
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17 juin 2009
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Tous les jours de la semaine
En hiver
En automne
Dans le ciel de Paris
Les cheminées d'usine
Ne fument que du gris
Mais le printemps qui s'amène
Une fleur sur l'oreille
Au bras une jolie fille
Refrain :
Tournesol, tournesol,
C'est le nom de la fleur
Le surnom de la fille
Elle n'a pas de grand nom
Pas de nom de famille
Et danse au coins des rues
À Belleville
À Séville
Tournesol, tournesol, tournesol
Valse des coins des rues
Et les beaux jours sont venus
La belle vie
Avec eux
Le génie de la Bastille
Fume une gitane bleu
Dans le ciel amoureux
Dans le ciel de Séville
Dans le ciel de Belleville
Et même de n'importe où
Refrain :
Tournesol, tournesol,
C'est le nom de la fleur
Le surnom de la fille
Elle n'a pas de grand nom
Pas de nom de famille
Et danse au coins des rues
À Belleville
À Séville
Tournesol, tournesol, tournesol
Valse des coins des rues
(Jacques Prévert)
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12 juin 2009
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A la Baronne H. de B.
Nénuphars blancs, ô lys des eaux limpides,
Neige montant du fond de leur azur,
Qui, sommeillant sur vos tiges humides,
Avez besoin, pour dormir, d'un lit pur;
Fleurs de pudeur, oui ! vous êtes trop fières
Pour vous laisser cueillir... et vivre après.
Nénuphars blanc, dormez sur vos rivières
Je ne vous cueillerai jamais !
Nénuphars blancs, ô fleurs des eaux rêveuses,
Si vous rêvez, à quoi donc rêvez-vous ?
Car pour rêver il faut être amoureuses,
Il faut avoir le cœur pris... ou jaloux;
Mais vous, ô fleurs que l'eau baigne et protège,
Pour vous, rêver... c'est aspirer le frais !
Nénuphars blancs, dormez dans votre neige !
Je ne vous cueillerai jamais !
Nénuphars blancs, fleurs des eaux engourdies
Dont la blancheur fait froid aux cœurs ardents,
Qui vous plongez dans vos eaux détiédies
Quand le soleil y luit, Nénuphars blancs !
Restez cachés aux anses des rivières,
Dans les brouillards, sous les saules épais...
Des fleurs de Dieu vous êtes les dernières !
Je ne vous cueillerai jamais !
(Jules Barbey d’Aurevilly - Poussières)
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29 mai 2009
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A Mademoiselle Hedwige Demours
Oh ! si les fleurs avaient des yeux,
Ils seraient de mélancolie,
Oh ! si les fleurs avaient des yeux,
Que leurs larmes seraient jolies.
Et si les fleurs avaient des ailes,
Elles seraient en pur velours,
Et si les fleurs avaient des ailes,
Elles s’enfuiraient vers l’amour.
Mais si les fleurs avaient une âme
En leurs calices ciselés,
Mais si les fleurs avaient une âme
Leurs parfums seraient des baisers.
(G. Buchillot)
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23 mai 2009
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L'air était pur, la nuit régnait sans voiles;
Elle riait du dépit de l'amour :
Il aime l'ombre, et le feu des étoiles,
En scintillant, formait un nouveau jour.
Tout s'y trompait. L'oiseau, dans le bocage,
Prenait minuit pour l'heure des concerts;
Et les zéphyrs, surpris de ce ramage,
Plus mollement le portaient dans les airs.
Tandis qu'aux champs quelques jeunes abeilles
Volaient encore en tourbillons légers,
Le printemps en silence épanchait ses corbeilles
Et de ses doux présents embaumait nos vergers.
Ô ma mère ! On eût dit qu'une fête aux campagnes,
Dans cette belle nuit, se célébrait tout bas;
On eût dit que de loin mes plus chères compagnes
Murmuraient des chansons pour attirer mes pas.
J'écoutais, j'entendais couler, parmi les roses,
Le ruisseau qui, baignant leurs couronnes écloses,
Oppose un voile humide aux brûlantes chaleurs;
Et moi, cherchant le frais sur la mousse et les fleurs.
(Marceline Desbordes-Valmore)
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9 mai 2009
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19:00
Moi, je suis la tulipe, une fleur de Hollande;
Et telle est ma beauté, que l’avare Flamand
Paye un de mes oignons plus cher qu’un diamant,
Si mes fonds sont bien purs, si je suis droite et grande.
Mon air est féodal, et, comme une Yolande
Dans sa jupe à longs plis étoffée amplement,
Je porte des blasons peints sur mon vêtement,
Gueules fascé d’argent, or avec pourpre en bande.
Le jardinier divin a filé de ses doigts
Les rayons du soleil et la pourpre des rois
Pour me faire une robe à trame douce et fine.
Nulle fleur du jardin n’égale ma splendeur,
Mais la nature, hélas ! n’a pas versé d’odeur
Dans mon calice fait comme un vase de Chine.
(Théophile Gautier)
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