1 mai 2009
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06:15
Tu veux des vers ? Quel goût étrange !
Mais pour me demander des vers,
N'as-tu pas mis, mon petit ange,
Ton bonnet un peu de travers ?
Crois-tu donc un vers sans cheville
Moins rare qu'un denier romain,
Et que la Muse est une fille
Que l'on a toujours sous la main ?
Non, Marie ! - Elle te ressemble;
Elle a son logis familier,
Mais nous ne montons pas ensemble
Tous les soirs le même escalier.
Eh bien ! puisqu'elle est en voyage
Et qu'en vain j'ai l'oreille au guet,
A défaut de son bavardage,
Accepte ce brin de muguet.
Prends cette fleur que j'ai choisie;
Sur ton sein qu'elle aille mourir;
C'est la plus fraîche poésie
Que je puisse aujourd'hui t'offrir.
Et toutes les fleurs des poètes
Jamais n'embaumeraient ton cœur,
Mieux que les blanches cassolettes
Que balance un muguet en fleur !
(Charles Frémine)
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1 mai 2009
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Timide et coquet
Je m'appelle le muguet
Dans mes feuilles je me cache
de peur qu'on ne m'arrache
Et s'il est vrai que je porte bonheur
Venez, venez, je vous offre mon cœur.
(Tradition)
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30 avril 2009
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17:50
Il était, dans la mousse,
un tout petit muguet.
Il avait l'âme douce,
embaumant la forêt.
Soudain, une fillette
passe par le chemin
et voyant la fleurette,
la coupe avec la main.
Pourquoi m'as-tu coupée ?
dit la fleur de muguet,
tu m'as toute blessée
pour parer ton bonnet.
Non, répond la fillette,
oh muguet, mes amours,
je ne suis pas coquette,
je veux t'aimer toujours.
(Tradition)
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24 avril 2009
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17:57
La pauvre fleur disait au papillon céleste :
Ne fuis pas !...
Vois comme nos destins sont différents, je reste.
Tu t'en vas !
Pourtant nous nous aimons, nous vivons sans les hommes,
Et loin d'eux !
Et nous nous ressemblons et l'on dit que nous sommes
Fleurs tous deux !
Mais hélas, l'air t'emporte, et la terre m'enchaîne.
Sort cruel !
Je voudrais embaumer ton vol de mon haleine.
Dans le ciel !
Mais non, tu vas trop loin, parmi des fleurs sans nombre.
Vous fuyez !
Et moi je reste seule à voir tourner mon ombre.
A mes pieds !
Tu fuis, puis tu reviens, puis tu t'en vas encore
Luire ailleurs !
Aussi me trouves-tu toujours à chaque aurore
Tout en pleurs !
Ah ! pour que notre amour coule des jours fidèles.
Ô mon roi !
Prends comme moi racine ou donne-moi des ailes
Comme toi !
(Victor Hugo)
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22 avril 2009
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18:00
Quand les printemps m’étaient joyeux
Prenant leur azur à tes yeux
Pleins d’une éternelle promesse,
Les clochettes des lilas blancs,
Dans la brise, à nos cœurs tremblants
Chantaient une amoureuse messe.
Des alléluias infinis
Montaient des buissons pleins de nids,
Et le cœur odorant des roses
Se balançait dans l’air du soir
Avec des parfums d’encensoir.
Mais, à présent, printemps morose !
C’est le requiem des amours
Que murmure au déclin du jour
L’oiseau sur les branches lassées;
Et les clochettes des lilas
Dans l’air léger tintent le glas
Des espérances trépassées !
(Armand Silvestre - Le pays des roses)
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18 avril 2009
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10:56
Je suis la plus belle des roses,
Chantait une rose à ses sœurs.
- Sache garder tes lèvres closes,
Conseillait-on avec douceur,
On ne te cherche point querelle,
Mais sois plus modeste, font-elles.
Et voilà qu’au matin nouveau,
La belle crie encore plus haut.
Denise, qui par là se trouve,
Entend l’orgueilleuse clameur
« C’est vrai ! » dit-elle et le lui prouve
D’un joli coup de sécateur.
(Géo Norge)
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13 avril 2009
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09:49
J'ai mis sur cette fleur un baiser plein d'ivresse,
Pour vous qui m'avez pris tout mon cœur en un jour.
Puissiez-vous deviner la discrète caresse
De cet ardent baiser d'amour !
J'ai raconté tout bas à la fleur palpitante
La joie et les douleurs qui me viennent de vous
Puissiez-vous retrouver dans son odeur troublante
Ces aveux sincères et fous !
Enfin dans cette fleur j'ai mis toute mon âme,
Comme si je croyais au langage des fleurs,
Et j'ai laissé tomber, brûlants comme la flamme,
Dans son calice, tous mes pleurs !
J'ai mis sur cette fleur un baiser plein d'ivresse,
Pour vous qui m'avez pris tout mon cœur en un jour.
Puissiez-vous deviner la discrète caresse
De cet ardent baiser d'amour !
J'ai raconté tout bas à la fleur palpitante
La joie et les douleurs qui me viennent de vous
Puissiez-vous retrouver dans son odeur troublante
Ces aveux sincères et fous !
Enfin dans cette fleur j'ai mis toute mon âme,
Comme si je croyais au langage des fleurs,
Et j'ai laissé tomber, brûlants comme la flamme,
Dans son calice, tous mes pleurs !
(Henri Passerieu)
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2 avril 2009
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18:37
Si tu veux les voir, m'a dit une Fée,
Glisse un soir, comme moi,
Sous les saules,
Et regarde, entre tes doigts,
Par-dessus ton épaule.
Elles appuient sur les eaux bleues
Leurs frêles corolles,
Et leurs larges feuilles,
Et elles jouent, entre les joncs,
A des jeux d'ombre et de rayons.
Retiens ton souffle, approche en silence,
Regarde : mais sache,
Sous chaque fleur blanche,
Voir une fille qui se cache.
(Charles Van Lerberghe - La chanson d'Eve)
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30 mars 2009
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16:44
Ces délicieuses fleurs roses,
Grandes ouvertes ou mi-closes,
Me soufflent de tant douces choses
Et fleurent si frais et si doux,
Que, bien sûr, et corolle et tige,
Recèlent par quelque prodige,
Quelque chose qui vient de vous.
Troublant et capiteux arôme !
Mon cœur, comme l'air s'en embaume,
Et, grisé, je pars au royaume
Du rêve, où mes espoirs défunts,
Où mes illusions dernières,
Comme ces roses printanières,
Ont vécu leurs premiers parfums.
(Nérée Beauchemin - Floraisons matutinales)
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21 mars 2009
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16:25
Eglantine ! Humble fleur, comme moi solitaire,
Ne crains pas que sur toi j'ose étendre ma main.
Sans en être arrachée orne un moment la terre,
Et comme un doux rayon console mon chemin.
Quand les tièdes zéphirs s'endorment sous l'ombrage,
Quand le jour fatigué ferme ses yeux brûlants,
Quand l'ombre se répand et brunit le feuillage,
Par ton souffle, vers toi, guide mes pas tremblants.
Mais ton front, humecté par le froid crépuscule,
Se penche tristement pour éviter ses pleurs;
Tes parfums sont enclos dans leur blanche cellule,
Et le soir a changé ta forme et tes couleurs.
Rose, console-toi ! Le jour qui va paraître,
Rouvrira ton calice à ses feux ranimé;
Ta mourante auréole, il la fera renaître,
Et ton front reprendra son éclat embaumé.
Fleur au monde étrangère, ainsi que toi, dans l'ombre
Je me cache et je cède à l'abandon du jour;
Mais un rayon d'espoir enchante ma nuit sombre :
Il vient de l'autre rive... et j'attends son retour.
(Marceline Desbordes-Valmore)
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