20 novembre 2009 5 20 /11 /novembre /2009 17:30
Il est deux Amitiés comme il est deux Amours.
L'une ressemble à l'imprudence;
Faite pour l'âge heureux dont elle a l'ignorance,
C'est une enfant qui rit toujours.

Bruyante, naïve, légère,
Elle éclate en transports joyeux.
Aux préjugés du monde indocile, étrangère,
Elle confond les rangs et folâtre avec eux.

L'instinct du cœur est sa science,
Et son guide est la confiance.
L'enfance ne sait point haïr;
Elle ignore qu'on peut trahir.

Si l'ennui dans ses yeux (on l'éprouve à tout âge)
Fait rouler quelques pleurs,
L'Amitié les arrête, et couvre ce nuage
D'un nuage de fleurs.

On la voit s'élancer près de l'enfant qu'elle aime,
Caresser la douleur sans la comprendre encor,
Lui jeter des bouquets moins riants qu'elle-même,
L'obliger à la fuite et reprendre l'essor.

C'est elle, ô ma première amie !
Dont la chaîne s'étend pour nous unir toujours.
Elle embellit par toi l'aurore de ma vie,
Elle en doit embellir encor les derniers jours.

Oh ! que son empire est aimable !
Qu'il répand un charme ineffable
Sur la jeunesse et l'avenir,
Ce doux reflet du souvenir !

Ce rêve pur de notre enfance
En a prolongé l'innocence;
L'Amour, le temps, l'absence, le malheur,
Semblent le respecter dans le fond de mon cœur.

Il traverse avec nous la saison des orages,
Comme un rayon du ciel qui nous guide et nous luit :
C'est, ma chère, un jour sans nuages
Qui prépare une douce nuit.

L'autre Amitié, plus grave, plus austère,
Se donne avec lenteur, choisit avec mystère;
Elle observe en silence et craint de s'avancer;
Elle écarte les fleurs, de peur de s'y blesser.

Choisissant la raison pour conseil et pour guide,
Elle voit par ses yeux et marche sur ses pas :
Son abord est craintif, son regard est timide;
Elle attend, et ne prévient pas.

(Marceline Desbordes-Valmore)

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14 juin 2009 7 14 /06 /juin /2009 16:12
Amitié, doux repos de l’âme,
Crépuscule charmant des cœurs.
Pourquoi, dans les yeux d’une femme,
As-tu de plus tendres langueurs ?

Ta nature est pourtant la même;
Dans le cœur dont elle a fait don
Ce n’est plus la femme qu’on aime,
Et l’amour a perdu son nom.

Mais comme en une pure glace
Le rayon se colore mieux,
Le sentiment qui le remplace
Est plus visible en deux beaux yeux.

Dans un timbre argentin de femme
Il a de plus tendres accents :
La chaste volupté de l’âme
Devient presque un plaisir des sens.

De l’homme la mâle tendresse
Est le soutien d’un bras nerveux;
Mais la vôtre est une caresse
Qui frissonne dans les cheveux.

Oh ! laissez-moi, vous que j’adore
Des noms les plus doux tour à tour,
Ô femmes ! me tromper encore
Aux ressemblances de l’amour !

Douce ou grave, tendre ou sévère,
L’amitié fut mon premier bien !
Quelque soit la main qui me serre,
C’est un cœur qui répond au mien.

Non, jamais ma main ne repousse
Ce symbole d’un sentiment;
Mais lorsque la main est plus douce,
Je la serre plus tendrement.

(Alphonse de Lamartine)

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16 mai 2009 6 16 /05 /mai /2009 14:22
Peut-être existe-t-il une âme sur la terre
Pour la mienne créée, et dont elle est la sœur :
Heureuse et fortunée, ou pauvre et solitaire,
Elle me comprendrait et lirait dans mon cœur.

Elle partagerait mes secrètes pensées,
Elle aurait mon amour, j’aurais toute sa foi;
Sans cesse étroitement l’une à l’autre enlacées,
J’existerais pour elle, elle vivrait pour moi.

Nous ne nous ferions point de bruyante promesse,
Nous nous dirions beaucoup en nous parlant très peu;
Un sourire, un regard, souvent une caresse,
Quelquefois un baiser, tendre et discret aveu.

Nous porterions ensemble et la joie et la peine,
La croix serait moins lourde et le bonheur plus pur,
Et nous achèverions notre carrière humaine.
Sûres de nous revoir au delà de l’azur.

Cette félicité n’est encore qu’un rêve
Déjà cent fois détruit, cent fois recommencé,
Et l’âme que j’espère et que j’attends sans trêve
Ne s’est point révélée à mon esprit lassé.

Peut-être que je l’ai déjà vue en ce monde,
Peut-être que mes yeux ont rencontré ses yeux,
Et dans le court espace, hélas ! d’une seconde,
Nos cœurs qui s’appelaient ont palpité joyeux.

Nous nous sommes trouvés bien près de nous connaître,
Nous avons été près de nous tendre la main...
Puis avec un soupir qui montait dans notre être,
Nous avons pris chacune un différent chemin.

Nous avons poursuivi la route solitaire,
Le cœur plein de tristesse et de vague regret,
Avec le sentiment que jamais, sur la terre,
Un semblable destin ne nous réunirait.

(Alice de Chambrier)

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14 septembre 2008 7 14 /09 /septembre /2008 13:50
"Il en est de l'amitié comme de la pureté;
la moindre flétrissure suffit à en troubler la transparence."
(Francesco Alberoni)

"Les peines qu'éprouvent nos amis nous affectent davantage
que celles que nous éprouvons."
(Philippe Soupault)

"On ne pardonne pas à son ami ses erreurs,
on ne les excuse pas non plus. On les comprend."
(Philippe Soupault)

"Amitié. Bateau suffisamment grand
pour transporter deux personnes quand il fait beau,
mais une seule en cas de mauvais temps."
(Ambrose Bierce)

"Les blessures d'amitié sont inconsolables."
(Tahar Ben Jelloun]

"On n'apprend pas l'amour. Il existe.
On n'apprend pas davantage l'amitié."
(Francesco Alberoni)

"L'amitié est la similitude des âmes."
(Alcuin)

"L'amour est aveugle.
L'amitié ferme les yeux."
(Otto Von Bismarck)

"L'amitié double les joies et réduit de moitié les peines."
(Francis Bacon)

"L'amitié sans confiance,
c'est une fleur sans parfum."
(Laure Conan)

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26 août 2008 2 26 /08 /août /2008 16:51

  A mon Bel Ange
Je dédie ce poème 

Jolie Tendresse 


Si tu n'as pas perdu cette voix grave et tendre

Qui promenait mon âme au chemin des éclairs
Ou s'écoulait limpide avec les ruisseaux clairs,
Eveille un peu ta voix que je voudrais entendre.

Elle manque à ma peine, elle aiderait mes jours.
Dans leurs cent mille voix je ne l'ai pas trouvée.
Pareille à l'espérance en d'autres temps rêvée,
Ta voix ouvre une vie où l'on vivra toujours !

Souffle vers ma maison cette flamme sonore
Qui seule a su répondre aux larmes de mes yeux.
Inutile à la terre, approche-moi des cieux.
Si l'haleine est en toi, que je l'entende encore !

Elle manque à ma peine ; elle aiderait mes jours.
Dans leurs cent mille voix je ne l'ai pas trouvée.
Pareille à l'espérance en d'autres temps rêvée,
Ta voix ouvre une vie où l'on vivra toujours !

(Marceline Desbordes-Valmore - Poésies inédites)

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14 août 2008 4 14 /08 /août /2008 10:14

  


Beaucoup de mes amis sont venus des nuages
Avec soleil et pluie comme simple bagage
Ils ont fait la saison des amitiés sincères
La plus belle saison des quatre de la terre

Ils ont cette douceur des plus beaux paysages
Et la fidélité des oiseaux de passage.
Dans leur cœur est gravée une infinie tendresse
Mais parfois dans leurs yeux se glisse la tristesse.

Alors ils viennent se chauffer chez moi
Et toi aussi tu viendras

Tu pourras repartir au fin fond des nuages
Et de nouveau sourire à bien d'autres visages
Donner autour de toi un peu de ta tendresse
Lorsqu'un autre voudra te cacher sa tristesse.

Comme l'on ne sait pas ce que la vie nous donne
Qu'il se peut qu'à mon tour je ne sois plus personne.
S'il me reste un ami qui vraiment me comprenne
J'oublierai à la fois mes larmes et mes peines

Alors peut-être je viendrai chez toi
Chauffer mon cœur à ton bois.

Comme l'on ne sait pas ce que la vie nous donne
Qu'il se peut qu'à mon tour je ne sois plus personne.
S'il me reste un ami qui vraiment me comprenne
J'oublierai à la fois mes larmes et mes peines

Alors peut-être je viendrai chez toi
Chauffer mon cœur à ton bois

Alors peut-être je viendrai chez toi
Chauffer mon cœur à ton bois.

(Françoise Hardy)

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