26 juin 2009 5 26 /06 /juin /2009 16:00
Sous vos longues chevelures, petites fées,
Vous chantâtes sur mon sommeil bien doucement,
Sous vos longues chevelures, petites fées,
Dans la forêt du charme et de l'enchantement.

Dans la forêt du charme et des merveilleux rites,
Gnomes compatissants, pendant que je dormais,
De votre main, honnêtes gnomes, vous m'offrîtes
Un sceptre d'or, hélas ! pendant que je dormais.

J'ai su depuis ce temps que c'est mirage et leurre
Les sceptres d'or et les chansons dans la forêt;
Pourtant, comme un enfant crédule, je les pleure,
Et je voudrais dormir encor dans la forêt.

Qu'importe si je sais que c'est mirage et leurre !

(Jean Moréas)

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19 juin 2009 5 19 /06 /juin /2009 16:45

Quand Dieu fit l'univers il y eut sur la terre
Des milliers d'animaux inconnus aujourd'hui
Mais la plus jolie dans ce vert paradis
La plus drôle, la plus mignonne
C'était la licorne.

Y’avait des gros crocodiles, des orangs-outangs,
Des affreux reptiles et des beaux moutons blancs,
Des chats, des rats, des éléphants,
Mais la plus mignonne de toutes les bêtes à cornes
C’était la licorne.

Quand il vit des pécheurs faire leurs premiers péchés,
Dieu se mit en colère et appela Noé,
Mon bon vieux Noé, je vais noyer la terre,
Construis-moi un grand bateau pour flotter sur l'eau.

Mets-y des gros crocodiles, des orangs-outangs,
Des affreux reptiles et des beaux moutons blancs,
Des chats, des rats, des éléphants
Et n’oublie personne
N’oublie pas ma mignonne, ma jolie licorne.

Quand son bateau fut prêt à surmonter les flots
Noé y fit monter les animaux deux par deux
Et déjà la pluie commençait à tomber,
Quand il cria « Seigneur, j'ai fait pour le mieux.

J'ai mis deux gros crocodiles, deux orangs-outangs,
Deux affreux reptiles et deux beaux moutons blancs,
Deux chats, deux rats, deux éléphants,
Il n’y manque personne
A part les deux mignonnes, les jolies licornes. »

Elles riaient les mignonnes et pataugeaient dans l'eau
S'amusant comme des folles sans voir que le bateau
Emmené par Noé les avait oubliées
Et depuis jamais personne
N’a vu de licornes.

On voit des gros crocodiles, des orangs-outangs,
Des affreux reptiles et des beaux moutons blancs,
Des chats, des rats, des éléphants,
Mais jamais personne
Ne verra la mignonne, la jolie licorne.

(Paroles : Jean Broussolle)

Chanson interprétée par Les Compagnons de la chanson

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2 juin 2009 2 02 /06 /juin /2009 17:29

Je rêve parfois
Que de jolies fées
Me tendent les bras
Mais quand je m'éveille
Je sais que la plus jolie
La plus jolie fée de la terre
C'est ma maman à moi.

(Tradition)

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28 mai 2009 4 28 /05 /mai /2009 18:07
Couronnés de thym et de marjolaine,
Les Elfes joyeux dansent sur la plaine.

Du sentier des bois aux daims familier,
Sur un noir cheval, sort un chevalier.
Son éperon d'or brille en la nuit brune;
Et, quand il traverse un rayon de lune,
On voit resplendir, d'un reflet changeant,
Sur sa chevelure un casque d'argent.

Couronnés de thym et de marjolaine,
Les Elfes joyeux dansent sur la plaine.

Ils l'entourent tous d'un essaim léger
Qui dans l'air muet semble voltiger.
- Hardi chevalier, par la nuit sereine,
Où vas-tu si tard ? dit la jeune Reine.
De mauvais esprits hantent les forêts
Viens danser plutôt sur les gazons frais.

Couronnés de thym et de marjolaine,
Les Elfes joyeux dansent sur la plaine.

- Non ! ma fiancée aux yeux clairs et doux
M'attend, et demain nous serons époux.
Laissez-moi passer, Elfes des prairies,
Qui foulez en rond les mousses fleuries;
Ne m'attardez pas loin de mon amour,
Car voici déjà les lueurs du jour.

Couronnés de thym et de marjolaine,
Les Elfes joyeux dansent sur la plaine.

- Reste, chevalier. Je te donnerai
L'opale magique et l'anneau doré,
Et, ce qui vaut mieux que gloire et fortune,
Ma robe filée au clair de la lune.
- Non ! dit-il. - Va donc ! - Et de son doigt blanc
Elle touche au cœur le guerrier tremblant.

Couronnés de thym et de marjolaine,
Les Elfes joyeux dansent sur la plaine.

Et sous l'éperon le noir cheval part.
Il court, il bondit et va sans retard;
Mais le chevalier frissonne et se penche;
Il voit sur la route une forme blanche
Qui marche sans bruit et lui tend les bras :
- Elfe, esprit, démon, ne m'arrête pas !

Couronnés de thym et de marjolaine,
Les Elfes joyeux dansent sur la plaine.

Ne m'arrête pas, fantôme odieux !
Je vais épouser ma belle aux doux yeux.
- Ô mon cher époux, la tombe éternelle
Sera notre lit de noce, dit-elle.
Je suis morte ! - Et lui, la voyant ainsi,
D'angoisse et d'amour tombe mort aussi.

Couronnés de thym et de marjolaine,
Les Elfes joyeux dansent sur la plaine.

(Charles-Marie Leconte De Lisle)

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20 mai 2009 3 20 /05 /mai /2009 09:59
Viens, bel enfant ! Je suis la Fée.
Je règne aux bords où le soleil
Au sein de l'onde réchauffée
Se plonge, éclatant et vermeil.

Les peuples d'Occident m'adorent
Les vapeurs de leur ciel se dorent,
Lorsque je passe en les touchant;
Reine des ombres léthargiques,
Je bâtis mes palais magiques
Dans les nuages du couchant.

Mon aile bleue est diaphane;
L'essaim des Sylphes enchantés
Croit voir sur mon dos, quand je plane,
Frémir deux rayons argentés.

Ma main luit, rose et transparente;
Mon souffle est la brise odorante
Qui, le soir, erre dans les champs;
Ma chevelure est radieuse,
Et ma bouche mélodieuse
Mêle un sourire à tous ses chants.

J'ai des grottes de coquillages;
J'ai des tentes de rameaux verts;
C'est moi que bercent les feuillages,
Moi que berce le flot des mers.

Si tu me suis, ombre ingénue,
Je puis t'apprendre où va la nue,
Te montrer d'où viennent les eaux;
Viens, sois ma compagne nouvelle,
Si tu veux que je te révèle
Ce que dit la voix des oiseaux.

(Victor Hugo)

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13 mai 2009 3 13 /05 /mai /2009 16:57
Veillez sur moi, quand je m'éveille,
Bon ange, puisque Dieu l'a dit,
Et chaque nuit, quand je sommeille,
Penchez-vous sur mon petit lit;
Ayez pitié de ma faiblesse,
A mes côtés marchez sans cesse,
Parlez-moi le long du chemin;
Et pendant que je vous écoute,
De peur que je ne tombe en route,
Bon ange, donnez-moi la main.

(Sabine Casimire Amable Tastu)

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7 mai 2009 4 07 /05 /mai /2009 16:13
C'est la plus jeune Fée,
Blonde et blanche, de lis ou de lilas coiffée,
Elle passe dans l'air, ou sur les romarins et les renoncules.
Le sillage argenté de son char minuscule
Laisse deux tourbillons d'éclairs...

Elle passe, rapide, au gré des vents épars.
Et les étangs dressent leurs nénuphars,
Et les jardins tendent leurs roses,
Et les bois agitent leurs branches.
Pour qu'un instant elle s'y pose et s'y balance !

Mais elle passe,
Car elle est si pressée, elle a tant à penser !
Mais elle passe,
Et dans le lointain de l'espace,
Elle s'efface,
Elle est passée !

(Fernand Gregh)

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5 mai 2009 2 05 /05 /mai /2009 16:30
Vêtus de blancs, dans l'azur clair,
Laissant déployer leurs longs voiles,
Les anges planent dans l'éther,
Lys flottants parmi les étoiles.

Les luths frissonnent sous leurs doigts,
Luths à la divine harmonie.
Comme un encens montent leurs voix,
Calmes, sous la voûte infinie.

En bas, gronde le flot amer;
La nuit partout étend ses voiles,
Les anges planent dans l'éther,
Lys flottants parmi les étoiles.

(J. P. Contamine de Latour)

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14 janvier 2009 3 14 /01 /janvier /2009 19:04
Il était une Fée
D'herbe folle coiffée,
Qui courait les buissons,
Sans s'y laisser surprendre,
En Avril, pour apprendre
Aux oiseaux leurs chansons.

Lorsque geais et linottes
Faisaient des fausses notes
En récitant leurs chants
La Fée, avec constance,
Gourmandait d'importance
Ces élèves méchants.

Sa petite main nue,
D'un brin d'herbe menue
Cueilli dans les halliers,
Pour stimuler leurs zèles,
Fouettait sur leurs ailes
Ces mauvais écoliers.

Par un matin d'automne,
Elle vient et s'étonne,
De voir les bois déserts :
Avec les hirondelles
Ses amis infidèles
Avaient fui dans les airs.

Et tout l'hiver la Fée,
D'herbe morte coiffée,
Et comptant les instants
Sous les forêts immenses,
Compose des romances
Pour le prochain Printemps !

(Armand Silvestre)

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30 décembre 2008 2 30 /12 /décembre /2008 09:56
Mon rêve, par l’amour redevenu chrétien,
T’évoque à ses côtés, ô doux ange gardien,
Divin et pur esprit, compagnon invisible
Qui veilles sur cette âme innocente et paisible !
N’est-ce pas, beau soldat des phalanges de Dieu,
Qui, pour la protéger, fais toujours, en tout lieu,
Sur l’adorable enfant planer ton ombre ailée,
Que ta chaste personne est moins immaculée,
Que ton regard, reflet des immenses azurs,
Et que le feu qui brille à ton front, sont moins purs,
Dans leur sublime essence au paradis conquise,
Que le cœur virginal de cette enfant exquise ?

Ô toi qui de la voir as toujours la douceur,
Bel ange, n’est-ce pas qu’elle est comme ta sœur ?
Ô céleste témoin qui fais que sa pensée
Par une humble prière au matin commencée
Dans ses rêves du soir est plus naïve encor,
N’est-ce pas qu’en voyant s’abaisser ses cils d’or
Sur ses yeux ingénus comme ceux des gazelles,
Tu t’étonnes parfois qu’elle n’ait pas des ailes ?

(François Coppée)

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